Michel Serrault est mort dimanche soir d'un cancer dans sa résidence de Honfleur, en Normandie.
Une longue carrière cinématographique, avec quelque 135 films, couronnée par trois César, en ont fait l'un des acteurs français les plus populaires.
- le 30/07/2007 - 11h28
Il était l'un des acteurs français les plus célèbres et les plus populaires. Michel Serrault s'est éteint hier soir des suites d'un cancer. L'acteur est mort chez lui, dans sa résidence secondaire de Honfleur, entouré de ses proches. Agé de 79 ans, il avait été hospitalisé ces dernières semaines à l'Hôpital américain de Neuilly d'où il était sorti fin juin pour se rendre dans sa résidence secondaire.
En plus d'un demi-siècle d'une impressionnante carrière, l'acteur aux trois César a joué dans quelque 135 longs métrages et dans de nombreux téléfilms, sous la direction de réalisateurs comme Clouzot, Chabrol, Mocky, Lautner, Audiard, Blier, Zidi ou Kassovitz.
"Faire rire et m'occuper de Dieu"
Né le 24 janvier 1928 à Brunoy (ex Seine-et-Oise) dans une famille modeste et très chrétienne, il entre à 14 ans au petit séminaire de Conflans. Il tente alors de faire cohabiter ses deux passions: "faire rire et m'occuper de Dieu". Il choisit l'univers du spectacle mais n'abandonnera jamais la foi.
Refusé au conservatoire, il débute en 1948 dans la troupe de Robert Dhéry, "les Branquignols" puis se dirige vers les cabaret parisiens de la rive gauche. C'est là qu'il rencontre son ami de toujours, Jean Poiret. En 1954, Michel Serrault fait sa première apparition au cinéma dans "Ah! les belles bacchantes!" de Jean Loubignac. Pendant vingt ans, l'acteur accumule les rôles plus qu'il ne les choisit véritablement, qualifiant d'"exercice de style" ses prestations dans de nombreux "navets".
Début des années 70, il tourne un premier film à succès "Le Viager" de Pierre Tchernia. Le 1er février 1973, sa carrière prend un nouveau tournant... au théâtre. Pendant cinq ans, il interprète avec brio un homosexuel excentrique nommé Zaza, au Palais Royal de Paris : "La cage aux folles", mise en scène par Jean Poiret. Face au triomphe, la pièce est adaptée au cinéma par Edouard Molinaro. L'acteur franchit une nouvelle étape et reçoit son premier César de l'interprétation masculine pour sa prestation.
Des registres plus dramatiques
Ses personnages commencent à s'étoffer et on le voit dans des registres plus dramatiques. En 1975, Jean-Pierre Mocky lui offre un rôle décalé, dans "l'Ibis Rouge". Il joue l'étrange Jerôme Martinaud dans "Pile ou face" de Robert Enrico. En 1980 il se voit attribuer une deuxième César pour son rôle aux côtés de Lino Ventura dans "Garde à vue" de Claude Miller en 1981.
Michel Serrault multiplie les films. Il sera encensé pour sa prestation dans "Le docteur Petiot" de Christian de Chalonge en 1989, "les fantômes du chapelier" de Claude Chabrol, "le bonheur est dans le pré" d'Etienne Chatiliez en 1995, puis 1996, pour son rôle dans "Nelly et M. Arnaud" de Claude Sautet, qui lui vaut son troisième César.
A la télé, il interpréte notamment un marquant Gaston Dominici pour TF1, en 2003. Marié depuis 1958, père de deux filles, Michel Serrault avait perdu en 1977 son aînée dans un accident de voiture. Il avait signé trois livres de souvenirs: "Le cri de la carotte" (1996), "Michel Serrault, vous avez dit Serrault ?" (2001) et "Les pieds dans le plat" (2004).